Un bâtiment doit avant tout être utile, c’est sa cause première. Cela permet de mettre en place un programme issu de besoins. Au-delà et par nécessité, le programme, donne l’occasion d’aménager un site.

Pour nous, le fonctionnement prime sur les autres contraintes - référence assumée au « fonctionnalisme ». Le corolaire de ce constat est la nécessaire distinction des espaces pour les hiérarchiser, servant /servi, espace unique et principal, grand/petit, sec/humide, dangereux ou pas… puis un dispositif. Avant tout, il faut comprendre le programme, connaître les pratiques, anticiper les usages. Puis les confronter au contexte physique, leur donner une échelle, une orientation, une matérialité, les rendre ‘conformes’.

Le dessin permet de mesurer cette conformité, et en premier lieu, le plan. Par lui s’exprime le parti d’implantation. Le plan n’est pas une forme - ce n’est ce pas sa finalité- mais seulement un résultat – il met en situation des pièces du programme pour former « une société de pièces » *. La pièce est l’entité élémentaire du programme qui s’attache à en faire l’inventaire. Le plan permet de représenter les pièces, leurs grandeurs, leur enchainement. Chaque pièce existe par elle-même tout en étant le décalage entre deux autres. Le plan permet d’expérimenter la commotion, des sensations ressenties dans des endroits différents, le rapport du tout aux parties, le parcours, la promenade architecturale. Le plan doit toujours être simple.

Le dispositif est l’élément fédérateur du plan, le lien virtuel et général entre les parties, le système d’organisation. Il existe des familles de dispositifs, des plans qui ont recours aux mêmes modalités d’organisation des pièces, des volumes, des circulations, des entre-deux.

Constellation ** – les entités fonctionnelles homogènes sont fédérées par une interface servant à les desservir.

Juxtaposition - Les entités fonctionnelles homogènes sont juxtaposées sans élément intermédiaire.

Plan aux contours pliés ** - pour s’accommoder du contexte en délimitant une enveloppe à l’intérieur de laquelle on peut procéder par évidement.

Finalement, l’enveloppe contient le programme. Le bâtiment existe au dehors grâce à son enveloppe, c’est grâce à elle qu’il vient se frotter au contexte. Le propre de l’enveloppe est d’exister dans un paradoxe, de faire communiquer le dedans et le dehors, ou d’isoler le dedans du dehors. Tout à la fois se protéger du froid, du soleil, de la lumière, des intempéries ou profiter du soleil et de la lumière. Pour l’éclairer, il faut percer l’enveloppe. Une fois trouée l’enveloppe semble dire quelque chose, mais sa logique est avant tout fonctionnelle, elle est muette.

* Louis I. KHAN dans, « La pièce, La rue et le contrat humain » 1971 in SILENCE ET LUMIERE - Edition du LINTEAU 1996.

** Jacques LUCAN dans « Logique de plans » in MATIERES D’ART – Edition BIRKHAUSER/centre culturel suisse à Paris 2001